Prise d’armes organisée à l’occasion du 75ème anniversaire de l’Appel du 18 Juin (18/06/2015)

Le 18 juin 1940, un général à titre temporaire, membre d’un Gouvernement démissionnaire commet pour le salut de la Patrie, la plus grande faute du soldat : désobéir. Il le fait en conscience. Il brûle ses vaisseaux. Il renonce à tout. Il ne sait même pas ce qu’il adviendra de sa famille. Mais il sait qu’il ne pourra jamais revenir en arrière.

Si, comme il le dit dans les mémoires de guerre, il hisse les couleurs, il est néanmoins seul, à cette heure, à croire en la Victoire.

Car il est seul, sans moyen, sur la terre étrangère qui lui donne asile. Il n’est plus un homme. Il est une voix, une énergie, une idée, une conviction absolue dans la Victoire, une inébranlable confiance dans la solidité de la France d’outre-mer. C’est d’ailleurs en Afrique que les premiers ralliements se manifesteront.

Cette voix appelle au sursaut et au courage. Elle exhorte à ne pas renoncer, à poursuivre le combat. Elle témoigne d’une extraordinaire force de caractère, celle que le colonel de Gaulle décrivait en 1932 dans le Fil de l’épée, décrivant le chef de guerre : « Mais il ne suffit pas au chef de lier les exécutants par une obéissance impersonnelle. C’est dans leurs âmes qu’il lui fait imprimer sa marque vivante. Frapper les volontés, s’en saisir, les animer à se tourner d’elles-mêmes vers le but qu’il s’est assigné, grandir et multiplier les effets de la discipline par une suggestion morale qui dépasse le raisonnement, cristalliser autour de soi tout ce qu’il y a dans les âmes de foi, d’espoir, de dévouement latents, telle est cette domination. Aussi l’intelligence, l’instinct, l’autorité du chef font de l’action de guerre ce qu’elle est. Mais que sont ces facultés, sinon la personnalité même, ses ressources, sa puissance ? Toutes choses égales par ailleurs, tant elle vaut, tant vaut l’action. »

Cette force, c’est celle qui a animé tous les soldats de la France depuis le fond des âges. Nos 18 juin sont chargés d’Histoire.

Rendant hommage à nos Alliés, le général de Gaulle le 15 novembre 1941, résume les buts des Français libres : « Mais, quelque prix que nous attachions à ces liens qui nous aident et qui nous obligent, nous entendons, dans l’intérêt commun, que notre effort présent et futur demeure l’effort propre de la France et nous sommes d’autant plus ardents à servir ses intérêts, à représenter ses droits et à accomplir ses devoirs que nous savons que sa cause est la cause même des peuples libres. Rien ne saurait nous détourner de suivre la vocation séculaire de notre pays. Mais rien ne pourrait nous faire oublier que sa grandeur est la condition sine qua non de la paix du monde. Il n’y aurait pas de justice si justice n’était pas rendue à la France ! »

A notre époque, alors que nous sommes parfois tentés par la faiblesse, ou l’irrésolution, que nous sommes parfois enclins au fléchissement, souvent tiraillés que nous sommes vers le bas, tentés par le défaitisme, l’appel du 18 juin continue à nous insuffler sa force et son esprit, son énergie et son courage, pour voir au-delà de l’horizon, la route droite de l’effort.

L’appel du 18 juin est l’affirmation de notre caractère national, de notre foi dans le génie de la Patrie. Il nous commande ardemment de croire en nous, de croire en notre pays et, en toutes circonstances, d’être fier d’être Français. Il nous commande en définitive, à travers une certaine idée de la France, d’avoir une certaine idée de nous-même, de viser haut et de se tenir droit, de voir l’avenir avec confiance et détermination.

Vive la France libre, dans l’honneur et dans l’indépendance.

Dernière modification : 21/06/2015

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