L’IHEDN à Djibouti

Du 12 au 15 janvier 2018, une délégation de l’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) a effectué un voyage d’étude à Djibouti. Près de 200 personnes, cadres et auditeurs, civils et militaires, français et étrangers y participaient. Au programme : conférences, visites, mais aussi démonstrations sur le terrain des capacités opérationnelles mises en œuvre par les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ). Parmi elles, celles de la base aérienne 188 « Colonel Émile Massart » et d’autres unités de l’Armée de l’air.

Immersion dans le désert du Grand Bara où la délégation a pu assister à une démonstration des savoir-faire des équipages de chasse, de transport, d’hélicoptère, mais aussi des commandos et sauveteurs plongeurs de l’Armée de l’air.

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Samedi 13 janvier, 17h25 dans le désert du Grand Bara. Alors que la nuit va bientôt tomber sur la Corne de l’Afrique, une foule compacte, composée de civils et de militaires, se presse le long d’une piste d’atterrissage sommaire. Les regards sont tournés vers le ciel, à l’affût du moindre aéronef en approche.

Au loin, un C160 Transall de l’escadron de transport 88 « Larzac » (ET 88) finit par apparaître. Il est immédiatement rejoint par deux Mirage 2000-5 de l’escadron 3/11 « Corse », chargés de l’intercepter. Tandis que le transporteur est escorté, une patrouille de deux Mirage 2000N de l’escadron 2/4 « La Fayette » mène une mission de reconnaissance. Deux hélicoptères Puma de l’ET 88 interviennent alors. Leur mission : infiltrer des troupes au sol pour qu’elles sécurisent la zone. Celles-ci sont appuyées par les avions de chasse qui enchaînent les show of force, c’est-à-dire des passages à très basse altitude, en guise d’ultime avertissement adressé à l’ennemi.

À moins de cent mètres de là, la délégation de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN) est plongée dans un décor comparable à un des théâtres d’opérations actuels. Tout s’enchaîne comme une chorégraphie orchestrée au millimètre près. L’essentiel pour les auditeurs : ne pas perdre une miette de ce qui se joue dans les airs ou sur terre.

Deux Transall viennent d’effectuer simultanément un posé d’assaut et de débarquer un groupe motorisé des forces spéciales. Ils redécollent aussitôt, dans un épais nuage de poussière. Au sol, un combat éclate avec un véhicule tactique rebelle. Bien qu’il soit très vite maîtrisé, un commando est blessé dans l’attaque. Il faut l’évacuer. Un Puma se charge de l’intervention sanitaire (SAR – search and rescue). En stationnaire au-dessus du sol, l’hélicoptère treuille un sauveteur plongeur, expert du secours en mer comme sur terre, jusqu’au militaire blessé. À quelques mètres de là, une seconde voilure tournante récupère l’ensemble des commandos en utilisant la technique dite « par grappe ». Exfiltrés par les airs, au bout d’une corde suspendue sous l’appareil, ils sont emmenés hors de la zone des combats.

Un dernier posé d’assaut du Transall et plusieurs passages des Mirage 2000-5 et N mettent un point final à la démonstration alors que le soleil achève sa course. Il est 18h. Après trente minutes d’action intense, le désert du Grand Bara retrouve sa quiétude.

Dans les rangs de l’IHEDN, la satisfaction se lit sur tous les visages. Un sentiment partagé par le directeur de l’exercice, le lieutenant-colonel Philippe. « L’objectif est de créer une démonstration dynamique, représentative de l’ensemble des capacités de l’Armée de l’air et dans un temps limité. Le scénario s’est bien enchaîné. C’est toujours gratifiant pour l’ensemble des acteurs qui y participent. » Mission accomplie pour les aviateurs de la base aérienne 188. Dans un an, ils seront au rendez-vous pour une nouvelle démonstration.

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L’IHEDN en quelques mots

L’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) est un établissement français placé sous la tutelle directe du Premier ministre et installé à L’École militaire. L’institut rassemble chaque année des responsables de haut niveau appartenant à la fonction publique civile ou militaire ainsi qu’aux différents secteurs d’activité de la Nation, des États membres de l’Union européenne ou d’autres États, auxquels il propose d’approfondir en commun leur connaissance des questions de défense, de politique étrangère, d’armement et d’économie de défense. La formation consiste en travaux en comités, conférences débats, visites et missions d’étude en France ou à l’étranger.

Djibouti : une mission d’étude annuelle

Une fois par an, les auditeurs et cadres de l’IHEDN ont rendez-vous avec les forces françaises stationnées à Djibouti. Ce séjour leur permet, entre autres, de mieux appréhender les enjeux stratégiques de la Corne de l’Afrique et la nécessité de la coordination interarmées.

L’objectif des démonstrations réalisées par l’Armée de terre (observatoire de Koron – raid blindé appuyé par Mirage 2000, appui-feu par hélicoptère Gazelle, etc.), l’Armée de l’air (désert du Grand Bara), la Marine nationale (Arta Plage – largage de six commandos parachutistes par C160 Transall, etc.) est de présenter les forces, de manière pédagogique, aux auditeurs de l’IHEDN. « Ce n’est pas une simple représentation, explique le général Thierry Duquenoÿ, commandant des FFDJ. Il s’agit d’un exercice à part entière qui participe à l’aguerrissement de nos militaires. » En effet, les acteurs impliqués profitent d’une conjonction des moyens pour s’entraîner. C’est le cas des Mirage 2000-5 de l’escadron de chasse 3/11 « Corse » de Djibouti, qui profitent de la présence sur le territoire de trois Mirage 2000N du 2/4 « La Fayette » d’Istres pour mettre en œuvre des missions tactiques complexes à plusieurs avions (exercice « Mica » Corse).

Sources : Ministère des Armées
Droits : © Armée de l'air

Dernière modification : 23/01/2018

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