Discours à l’occasion de la remise des lettres de créances au Président de la République (23/06/2014)

Monsieur le Président de la République,

Il n’est pas nécessaire de qualifier l’amitié et les relations entre les deux Républiques car notre histoire, notre culture, notre la langue partagées s’imposent comme des évidences. Il en est de même de nos centres d’intérêt et de nos préoccupations communes.

Cette proximité permet de comprendre sans peine que la France soit fidèle à son message. Partout dans le monde, la France est aux premiers rangs de ceux qui luttent pour faire prévaloir et renforcer l’État de droit et les libertés fondamentales ; les principes démocratiques de l’organisation politique et sociale ; les droits de l’Homme ; l’intégrité et les droits des femmes ; pour éradiquer la pauvreté, les grandes pandémies, toutes les formes de discrimination ou d’esclavage, l’intégrisme religieux ; pour combattre le terrorisme. La France milite pour un développement durable qui profite à tous et pour l’amélioration des conditions de vie des populations dans le respect de l’environnement et de la protection des ressources naturelles.

L’attentat perpétré le 24 mai dernier à Djibouti, a confirmé que la menace terroriste, confusément ressentie jusque-là, était bien réelle. Viser la France, sur le territoire d’un pays ami, n’entame pas sa détermination à combattre le terrorisme avec ses alliés, notamment du continent africain, bien au contraire ! Dans cette lutte, la France soutient la République de Djibouti. Elle la félicite pour son courage et son efficacité. Elle se propose de lui apporter un concours technique accru en la matière, en réorientant sa coopération technique avec la gendarmerie et la police. Je veux être très clair : la France ne confond pas l’intégrisme religieux et le libre exercice de leur foi par les fidèles de toutes les religions dans la liberté de conscience de chacun. La France ne confond pas l’Islam et le terrorisme.

Cette approche commune montre combien notre relation déjà étroite doit être encore resserrée. Ainsi, certains champs de coopération qui paraissaient assoupis, comme en matière judiciaire doivent être réactivés.

A côté des accords anciens, il y a ceux récemment conclus, comme le traité de coopération en matière de défense, entré en vigueur le 1er mai dernier, qui instaure une relation particulière entre nos deux pays. Côté français, il m’incombe d’en suivre localement l’application en articulation avec les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj). Notre coopération de défense, ancienne et constructive, qu’il s’agisse de formation et de conseil technique, continuera à bénéficier aux Forces armées djiboutiennes notamment dans la perspective de leur engagement à l’extérieur comme en Somalie et bientôt en République centrafricaine, traduisant la volonté de la République de Djibouti de jouer un rôle actif dans l’espace régional.

Nos deux pays font partie de la grande famille francophone. Pour être un acteur de la francophonie, il ne suffit pas de parler français. La francophonie ne consiste pas à considérer le français comme une pièce de musée, un vestige du passé contemplé avec nostalgie, c’est une réalité moderne et vivante sous-tendue par des valeurs, qui se vit aussi bien au sein de l’Organisation internationale de la francophonie que sur le terrain de la vie. Ce sont-là aspects indissociables d’un véritable militantisme qui ne se construit pas contre les autres langues mais qui est destiné à assurer la diversité des modes d’expression. La langue française doit être encore plus vivante à l’école, dans la rue, dans l’entreprise, à l’université, dans les médias, dans l’administration, au sein du corps diplomatique...

Car la francophonie n’est pas un signe distinctif, c’est un facteur identitaire. L’identité djiboutienne francophone est un atout dans la région, un attrait supplémentaire pour les entreprises et les collectivités françaises. Un récent forum qui s’est déroulé à Paris le 12 juin dernier, a montré leur regain d’intérêt pour Djibouti et ses potentialités. Mon objectif est d’accompagner cette renaissance, d’agir pour accroître la présence économique française et de réorienter notre coopération universitaire en lien avec les besoins des entreprises.

Djibouti est idéalement placé sur les grands axes du commerce mondial et les nœuds de télécommunication internationaux. C’est une véritable chance à saisir, dans les nouvelles technologies, l’innovation technique et industrielle. De la rudesse de son terroir et de son climat, peuvent surgir des gisements d’innovations et de ressources encore insoupçonnés, dans les productions agricoles hors sol, les énergies renouvelables, le tourisme… France, qui accueillera la conférence mondiale sur le climat en 2015, a fait de protection de l’environnement est une priorité à l’échelle mondiale. A l’échelle régionale et continentale, Djibouti a un rôle moteur à jouer. L’inscription de certains lieux exceptionnels et uniques, au patrimoine mondial de l’UNESCO peut propulser Djibouti dans une dynamique exigeante certes mais tellement riche de perspectives.

Monsieur le Président de la République, c’est pour moi un immense honneur de représenter la France auprès de votre Excellence, une France amie, une France fidèle à son message et à ses valeurs, une France animée d’un esprit partenaire. Certes le passé nous instruit, mais c’est en m’appuyant sur les réalités d’aujourd’hui et en regardant vers l’avenir que je me propose d’agir.

Vive l’amitié entre la République française et la République de Djibouti, vive l’amitié entre le Peuple djiboutien et le Peuple français.

Dernière modification : 21/06/2015

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