Discours à l’occasion du vernissage de l’exposition "60 solutions face au changement climatique", à l’Institut français (06/04/2015)

Avec l’atelier national qui s’est tenu samedi dernier et auquel, Monsieur le Ministre, la crise au Yémen m’a empêché d’assister personnellement, nous entrons de plain-pied dans la préparation de la conférence qui aura lieu à Paris en novembre-décembre prochains. La COP 21 nous concerne tous, nous implique tous.

L’enjeu de cette manifestation de portée universelle est ni plus ni moins que l’avenir de la condition humaine sur la planète, l’avenir que nous voulons pour nos enfants. Présenté ainsi, les choses paraissent simples. En fait il faudra nous livrer à une révolution culturelle, partout dans le monde. Nos habitudes de vie, nos modes de consommation, nos comportements alimentaires, nos déplacements… tout va changer.

Face aux catastrophes que nous vivons déjà, avec l’érosion accélérée de nos côtes, les inondations répétées, les cyclones et ouragans de plus en plus destructeurs et meurtriers, il n’y a d’espoir que si les habitants de cette planète prennent conscience de leur part de responsabilité individuelle et collective et des mesures énergiques qu’il est encore temps de prendre. C’est l’objet de la COP 21, dont l’ambition est d’arrêter des décisions courageuses, universelles et contraignantes.

Chargée de lancer et de suivre ce mouvement, la France s’implique et s’engage au plus haut niveau de l’État, comme l’ont fait le Président de la République française et son homologue philippin, en lançant l’appel de Manille le 26 février 2015. La France veut le faire avec volontarisme en aidant à l’élaboration de contribution. Via l’Agence française de développement, elle a débloqué des aides financières pour soutenir les efforts d’États comme Djibouti en mettant à leur disposition des experts pour définir une stratégie.

Nous souhaitons ardemment que le plus grand nombre de pays déposent leur contribution et soient acteurs de la réflexion collective. A Djibouti, une volonté existe, un élan est donné. Djibouti devrait ainsi être en mesure de déposer sa contribution à temps pour peser sur les négociations. Pays africain, pays francophone, pays qui construit son développement, Djibouti a une triple légitimité à jouer un rôle significatif. La France l’y invite, la France l’y encourage, la France l’y engage. Djibouti est les autres États africains doivent peser sur les décisions qui auront force de loi universelle.

Comme le dit le Secrétaire général des Nations Unies, nous n’avons pas de planète de rechange. Ce n’est pas aux autres à faire des efforts, c’est à nous-même que revient cette tâche. Des pistes existent, elles sont parfois déconcertantes de simplicité, 60 exemples s’affichent ce soir sur les murs avec les magnifiques photos de M. Yann Arthus-Bertrand. Il y en a d’autres, certainement beaucoup d’autres, à nous de les trouver. Si nous ne le faisons pas, que dirons-nous à nos enfants quand ils nous reprocherons avec raison de n’avoir rien fait ou pas suffisamment ?

En 2002, au Sommet de la terre, le Président Chirac avait dit à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». On pourrait dire aujourd’hui : « la maison brûle, nous sommes à l’intérieur, comme ne pouvons en sortir, il est vital d’éteindre l’incendie. »

Donc, à nous d’agir, maintenant.

Dernière modification : 20/05/2015

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