Discours à l’occasion de l’accueil dans la citoyenneté et la communauté françaises (12/02/2015)

Mesdames, Messieurs, Chers et Chères compatriotes,

C’est la première fois qu’en application de la loi, nous organisons, ici, à l’ambassade de France à Djibouti, cette cérémonie d’accueil dans la citoyenneté et la communauté françaises.

Vous allez vivre un moment qui compte dans une vie. Un moment important qui résulte de votre choix, de votre engagement clairement et librement exprimé de devenir français.

Pour la circonstance, j’ai demandé à des personnalités qui représentent symboliquement la communauté française à Djibouti de vous entourer. Elles sont vos parrains et marraines de cette citoyenneté française dans laquelle j’ai l’honneur de vous accueillir aujourd’hui au nom de la Nation tout entière.

Chaque famille a ses traditions, ses fêtes, ses ambitions, ses talents, ses faiblesses, ses chagrins et ses drames, témoins ou produits de son histoire et de celle de ses membres.

L’immense famille dans laquelle vous entrez et qui est désormais la vôtre a une histoire, des règles, des traditions qui rythment sa vie depuis ses origines. Depuis deux siècles, elle vit sous l’invocation de la devise républicaine et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui vous sera remise dans un instant. Avec notre devise, ce texte constitue le socle de notre droit. Je vous recommande de le lire ; il n’est pas abstrait, compliqué ou éloigné des réalités.

Pour preuve, je veux m’arrêter quelques instants sur la Liberté, premier pilier de la devise républicaine, et ses principes fondamentaux prévus par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 :

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (art. 1er).

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi » (art. 4).

« La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas » (art. 5).

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » (art. 10).

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi » (art. 11).

Je tiens à faire ces références parce que, comme vous le savez, à la suite d’événements d’une exceptionnelle gravité, répondant à l’appel de M. François Hollande, Président de la République, les Français, le 11 janvier dernier, se sont élevés par millions pour proclamer leur attachement aux libertés fondamentales. Car en portant atteinte à la liberté de conscience, à la liberté d’opinion, à la liberté de la presse, en tuant des agents de la force publique, en tuant des Français de confession israélite, on s’en est pris aux valeurs de la République. Comme lors de l’appel du 18 juin 1940, les Français se sont dressés pour dire non et pour résister.

Aussi, je vous le dis solennellement, un citoyen français, une citoyenne française, vous-même par conséquent maintenant, a le droit d’avoir des opinions, des croyances ou de ne pas en avoir, mais il ne peut contester ce droit à ceux qui ne pensent pas comme lui autrement que dans le cadre prévu par la loi. Le blasphème n’existe pas en droit français. Si quelqu’un s’estime blessé dans ses croyances, qu’il fasse reconnaître son droit par les tribunaux, certainement pas par la violence. Prenez en bien conscience aujourd’hui, car cette règle devient votre règle.

Car c’est notre pacte national. C’est le ciment du Peuple français, notre ciment. Notre devoir à l’égard de tous ceux qui nous ont précédés est de le garder intact pour transmettre ce patrimoine à nos enfants. Car, si par malheur, il venait à s’étioler ou à disparaître, s’en serait fini de la Nation et de la France. Nous ne serions plus qu’une juxtaposition de communautés, de tribus livrées à leur propre logique, à leur instinct et en définitive à l’anarchie, qui, au mieux s’ignoreraient et au pire se déchireraient. La République française ne serait plus alors une et indivisible et même s’en serait fini de la République.

Notre identité nous rattache à la longue chaîne du temps, à la France qui vient du fonds des âges, à la France éternelle.

On peut naître Français. On peut le devenir. Ce n’est pas ce qui importe. Nous sommes tous égaux en droit, il n’y a pas de Français de souche ou de Français d’origine étrangère. Ce qui est important c’est de se sentir Français, de le ressentir de toutes les fibres de son être, d’en être fier, c’est de vivre sa nationalité française.

La République française ne vous demande pas d’abandonner votre culture ou vos traditions familiales en devenant Français. Elle vous accueille tous comme ses enfants. Mais comme ses enfants, vous devez l’aimer, la respecter et, si besoin est, la défendre.
Chers et Chères Compatriotes,
C’est de grand cœur que nous vous accueillons.
Bienvenue dans votre famille.
Bienvenue chez vous, dans cette France que nous aimons tant.

Vive la République et vive la France.

Mme Tamanna ABDOUL BARI épouse de M. Gaetano Armocida.

M. Ahmed Mohamed Rawah époux de Mme Nour Alcabert.

Mme Adiba Bengebara épouse de M. Olivier Verdier.

Mme Ftama Houssein Ali Mouti épouse de M. Moustapha Mouti.

Mme Hyunh And Ngo épouse de M. Alain Dao.

Dernière modification : 20/05/2015

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